COMMUNIQUE DE PRESSE - Buffet et Chassaigne (PCF) écrivent à Sarkozy au sujet du « G8 Alimentaire » - septembre 2009

Publié le par terre-mer-pcf.over-blog.com

 

Veuillez trouver ci-dessous, une copie de la lettre adressée aujourd’hui au Président de la République, Nicolas Sarkozy, par Marie-George Buffet et André Chassaigne, au sujet du « G8 Alimentation »

Monsieur le Président,

Le « G8 Alimentation » s’ouvre en Italie ce mercredi, dans un contexte historique plus que jamais préoccupant. Plus d’un milliard d’êtres humains dans le monde souffrent de famine et malnutrition. 100 000 personnes meurent de la faim chaque jour ; un enfant de moins de 10 ans meurt toutes les cinq secondes. Dans le même temps, l’aide à l’agriculture n’a cessé de diminuer sous le lobbying des partisans du libre marché : elle ne représente aujourd’hui que 4 % de l’aide publique au développement. Le marché ainsi « libéré » laisse libre cours à la spéculation boursière comme à un nouveau colonialisme agricole, animé par des Etats intéressés par « l’arme alimentaire » ou des multinationales comme Daewoo qui a récemment mis la main sur 1,3 million d’hectares à Madagascar, pour y produire de l’huile de palme, destinée aux agro-carburants.

C’est donc bien aujourd’hui la volatilité des marchés, que vous aviez dénoncée lors de la présidence française de l’Union Européenne, la libéralisation des politiques agricoles mondiales et notamment de la PAC, le lobbying de l’agrobusiness, qui se trouvent sur le banc des accusés.

En avril dernier, le G8 de Rome s’était conclu par de louables intentions, mais un terrible aveu d’échec sur l’objectif de réduire d’ici 2015 de moitié les mal-nourris dans le monde, pourtant acté dès 1996 lors du sommet mondial de l’alimentation.

Aussi nous vous écrivons, Monsieur le Président, pour vous demander de porter mercredi un véritable changement de cap des politiques agricoles menées de par le monde : nourrir la planète exige de faire naître un nouvel ordre alimentaire tout en répondant aux questions écologiques, climatiques, énergétiques.

Ce nouvel ordre alimentaire devra avant toute chose reposer sur la garantie de la souveraineté alimentaire des peuples. Il revient aux seuls États comme à de grands ensembles régionaux comme l’Union européenne de définir librement leurs politiques agricoles et alimentaires, et ce à l’abri de toute forme de dumping social, économique ou environnemental promu encore aujourd’hui par l’agrobusiness et l’OMC.

Ce nouvel ordre alimentaire, c’est dans le même temps la garantie de l’accès au foncier, au crédit et aux semences, moyens de production incontournables pour le développement rural.

En sachant l’intérêt que vous porterez à ce courrier,

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments respectueux.

 

Marie-George Buffet
André Chassaigne

 

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