CONSTRUIRE LA POLITIQUE AGRICOLE ET ALIMENTAIRE EUROPEENNE DU 21ème SIECLE

Publié le par terre-mer-pcf.over-blog.com

 

L' agriculture est aujourd'hui en crise, minée par le capitalisme. Alors que la production agricole pourrait nourrir le monde, plus d'une personne sur sept souffre de la faim. Partout, le productivisme et la libre concurrence ont dévasté nos campagnes. Spéculation, accaparement des terres, dumping, il est temps de stopper ce gâchis!

 

En Europe, pour « rester compétitif », réformes après réformes, la préférence communautaire à été sacrifiée, la régulation des prix et des marchés abandonnée. Crises après crises la Politique Agricole Commune (PAC) a favorisé l'élimination des exploitations familiales, tout en concentrant les outils de production au profit des géants de l'agro-alimentaire et de la grande distribution et aux dépens de la santé publique et du consommateur. Quand aux exploitations qui subsistent elles peinent à défendre leurs revenus, au détriment de la qualité de travail et de la vie des familles...

 

Aussi, alors que s'ouvre à Paris la rencontre ministérielle du G20 Agricole, le Parti de la Gauche Européenne prend position.

 

Il s'engage à faire de l'alimentation un bien commun de l'humanité. La conquête de ce droit fondamental à chaque être humain impose un nouveau mode de développement de la planète en rupture avec les marchés spéculatifs. Les terres agricoles devraient être consacrées à la production alimentaire pour nourrir les peuples

 

Cela implique que l'agriculture et l'alimentation soient extirpées des logiques néolibérales actuelles de l'OMC, du FMI, de la banque mondiale et du traité de Lisbonne. Nous proposons une nouvelle organisation internationale dans le cadre des Nations Unies. Nous soutenons la réforme du Comité de la sécurité alimentaire de la FAO, qui associe de manière inédite les États, les institutions internationales et la société civile. Nous pensons que le CSA est aujourd'hui l'instance légitime de l'expression démocratiquesdes peuples, et pourrait être l'institution arbitrale des politiques publiques agricoles et alimentaires.

 

Nous proposons que l'Union Européenne soit porteuse de mesures concrètes, pour agir dès maintenant.

 

  • Instaurer une clause de sauvegarde internationale lorsque les terres, les eaux (pêche) d'un pays sont menacées de spéculation et de détournement de production vivrière.

  • Mettre en place d'outils de régulation des marchés agricoles, de stocks régulateurs et de mesures contre la spéculation. Un premier pas pourrait être la création d'une convention internationale sur la non spéculation des biens alimentaire.

 

  • Relégitimer les taxes sur les importations et exportations déstabilisant les marchés locaux, afin de financer la relocalisation de productions.

  • L’arrêt du soutien à la production et l’importation d’agrocarburants.

 

Alors que la nouvelle PAC 2014 – 2020 est en cours de définition, le PGE propose de lui assigner une nouvelle ambition, de nouvelles orientations pour les prochaines décennies :

 

  • Fondamentalement elle doit garantir la souveraineté et la sécurité alimentaire de ses peuples. Face au défi alimentaire, la production européenne agricole doit être soutenue par de nouvelles politiques publiques répondant aux besoins humains. Garantir une alimentation de qualité, nutritive et gustative à tous.

 

  • Vivre dignement de son travail est une exigence sociale légitime. Une juste rémunération du travail paysan et des salariés agricoles est la condition du développement de l’emploi agricole. Cela impose de garantir des prix rémunérateurs, de planifier la production, de réguler les marchés, préserver les terres agricoles, de soutenir les exploitations et filières les plus fragiles.


  • Empêtrée dans le productivisme, l'Europe agricole doit sortir par le haut et initier un mode de développement plus écologique, d'exploitations plus autonomes agro économiquement. L'agriculture paysanne répond à ces objectifs. L’Europe doit orienter prioritairement ses aides dans cette direction et interdire la culture et l’usage des OGM

 

Le PGE propose des mesures immédiates dans la construction de la future Politique Agricole et Alimentaire Européenne (P.A.A.E).

 

  • L'application de la préférence communautaire et la suspension des accords bilatéraux de libre échange négociés par l'Union Européenne (Mercosur).

  • L'affirmation de la souveraineté alimentaire par la constitution de stocks européens de sécurité.

  • La mise en place d'outils économiques encadrant les marges et pratiques des géants de l'agroalimentaires et de la grande distribution.

  • Dans l'urgence, face à la sécheresse qui frappe l'Europe, nous demandons le déblocage de fonds européens pour venir en aide aux producteurs. Face au risque climatique, nous proposons que l'Europe s'engage dans un outil de protection des activités du vivant que sont la terre, la mer et la forêt.

 

 

  • Dans l'urgence, suite aux événements de la crise du concombre espagnol, de la décision de l'Allemagne de

     

    suspendre les importations de fruits et légumes espagnols, causant de sérieuses pertes économiques

      pour les agricultures, travailleurs agricoles et de l'industrie, il est nécessaire de renforcer les mécanismes contrôle   de l'agence européenne de sécurité alimentaire pour que ces incidents ne se reproduisent pas au sein de l'UE.

 

 

 

La Gauche doit être audacieuse sur le champ des politiques publiques agricoles et alimentaires. Avec responsabilités, le PGE propose aux peuples européens, aux forces citoyennes et sociales d'en être les acteurs. Nous ferons valoir ces orientations dans les institutions, notamment avec nos élus au sein du Parlement européen. Il entend œuvrer à construire en Europe des majorités politiques, déterminés à relever ce défi premier de l'humanité à se nourrir.

 

Les organisations membres et observatrices du PGE, appellent et vont prendre les initiatives en ce sens. Elles commencent dès aujourd'hui par une rencontre-débat « relever les défis des crises agricoles et alimentaires, G8, G20 ou G192 des peuples »

 

 

Paris, le 20 juin 2011

 

 

Publié dans Propositions

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