NOURRIR LA PLANETE : une ambition agricole

Publié le par terre-mer-pcf.over-blog.com


  Compain 22
La planète compte un milliards d'affamés. Deux milliards souffrent de malnutrition, appelée «la faim invisible» par les Nations Unies. Ces dernières années, un enfant de moins de 10 ans mourait de faim toutes les 5 secondes. Cent mille personnes en meurent chaque jour. Quatre humain sur 10 sont confrontés quotidiennement à l'extrême pauvreté. Paradoxalement soixante dix pour cent de ceux qui souffrent de faim et de misères sont des paysans.
Plus de dix ans après les engagement du sommet mondial de l'alimentation en 1996, le G 8 de Rome s'est conclu par de louables intentions et un terrible aveu d'échec sur l'objectif de réduire de moitié d'ici à 2025 les mal nourris.
Le défi posé à l'humanité est de nourrir demain neuf milliards d'humains. La planète doit doubler sa production alimentaire pour satisfaire les trois milliards supplémentaires d'ici 2050. L'Afrique doit quintupler sa production alimentaire. Un pays comme la chine doit nourrir un quart de la population mondiale avec avec seulement dix pour cent de terres arables. De l'autre côte de la méditerranée, l'Algérie, l'Égypte sont dans dans des déficits alimentaires lourds. De nombreux pays tel que l'Afrique du sud doivent absolument réussir leur réforme agraire.
Le miroir du capitalisme renvoie à la spéculation sur les céréales, préférée des traders au métaux précieux. Le développement d'agro carburant privilégie le réservoir des voitures au détriment des estomacs. Le devenir géopolitique des peuples est négocié à coups d'armes alimentaires.
Lutter contre la faim est un choix politique. L'agriculture ne peut être vouée aux seules lois du marché.
Le 7 juin prochain, les élections européenne sont un rendez-vous majeur pour le devenir de la Politique Agricole Commune et sa place dans le monde. A 6 ou à 12 et maintenant à 27, l'agriculture a longtemps été le laboratoire vivant de la construction européenne libérale. Elle en a payé un lourd tribu.
Depuis 1973, les Politique Agricoles n'ont été obnubilées que par la baisse des prix agricoles; en France, ils ont été divisés par deux en trente ans. En 2009 un agriculteur sur deux gagne moins que le SMIC, son revenu dépend à soixante dix pour cent des aides compensatoires européennes. Les groupes de la grande distribution en sont les énormes bénéficiaires.
Tous les quart d'heures, un exploitant agricole cesse son activité. Depuis la réforme en 1992 de la Politique Agricole Commune (Mac Sharry – Delors), la commission Européenne à œuvrer au pas de charge dans sa volonté de libéraliser les échanges agricoles au sein de l'Union Européenne.
L'agenda 2000 à Berlin , les accord de luxembourg 2003, par la suppression des restitutions à l'exportation, la réduction des droits de douane, le désengagement des soutiens directs, visent au démantèlement de la PAC. Ces choix s'inscrivent dans la lignée libérale des chefs d'État et de gouvernement, Blair Berlusconi, Aznard ces dernières décennies. Londres et Haye appellent inflexiblement à laisser le marché fonctionner pleinement. Pour les gouvernements au service du capitalisme, il s'agit de se délester au plus vite de secteurs économiques jugés ringards et non rentables comme l'agriculture en Europe.
Au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce, les fermes du monde sont le Brésil, l'Australie, La Nouvelle Zélande.
La mandature s'achève tant pour le Parlement européenne que pour la commission européenne sur un mauvais bilan de la santé de la PAC. La commissaire européenne à l'agriculture, Mariann Fischer Boel aura rempli sa mission de ne pas contrarier Pascal Lamy, directeur de l'OMC. L'Europe a fait des concessions sans contrepartie de réduire massivement ses droits de douane.
Derrière le vernis de l'équité d'une redistribution des aides annoncées par Michel Barnier, changeant de mains des céréaliers en faveur de l'élevage, moins de soutien à la production et plus d'alignement sur les cours mondiaux vont devenir le quotidien des éleveurs. Cela ne sera pas sans incidences sur la vie des territoires ruraux. Nicolas Sarkozy lui, dans un récent numéro d'illusionniste par un plan d'accompagnement en direction des céréaliers, soigne maintenant ses paysans. Il avait promis à la veille du salon de l'agriculture, une gouvernance pour lutter contre la volatilité des marchés, rien n'a traversé La Tamise à l'occasion du G20. Le sujet est renvoyé au G8 de juillet en Sardaigne. Son échec à la présidence de l'UE en 2008, repose précisément sur son inaction face à la suppression de toutes organisations des marchés par Bruxelles. Le président a confié pour l'automne la charge au gouvernement Fillon de rédiger une loi de modernisation agricole. Plan social, elle visera à livrer l'agriculture française au prix mondial, sans compensation, dans le cadre d'une PAC démantelée à l'horizon 2013.
Les enjeux que sont l'eau, l'environnement, la qualité des produits, l'économie et l'emploi posent l'exigence des droits fondamentaux des peuples et leurs Etats à soutenir publiquement leurs agricultures, leurs pêches, leurs productions alimentaires.
Pour les communistes, ce défi de la faim est pensé à l'échelle des cycles de productions, des activités du vivant. C'est maintenant qu'il faut agir pour relever le défi alimentaire.
Le PCF lors de son 34 ème congrès a fait le choix d'un nouveau type de développement. Il s'agit ici de donner du sens à l'action communiste, répondre au présent, construire de l'avenir en commun: d'abord nourrir les Hommes en assurant productions animales et végétales en conséquence, tout en ne s'interdisant pas des utilisations non alimentaires de l'agriculture, facteur de progrès humain.
L'heure n'est plus à la fin annoncée de la paysannerie mais de placer en perspective le développement de l'agriculture pour nourrir la planète. Le PCF porte une ambition agricole qu'il s'agit de traduire dans les urnes le 7 juin prochain par le bulletin de vote Front de Gauche.
Extirper des règles libérales de l'OMC, l'Europe à travers la Politique Agricole Commune, doit fixer des objectifs de rémunération du travail et de développement de l'emploi. L'Europe doit utiliser sa préférence communautaire et organiser ses échanges avec les pays tiers sans dumping sociaux, sanitaires, environnementaux sous la forme d'accords mutuellement avantageux, elle doit acter la relocalisation des productions, de coopérations entre grandes régions du monde.
La redistribution des richesses agricoles et agroalimentaires étant assurée par son budget. Il est important que l'Europe légifère sur la répartition de la plus value entre tous les acteurs de la production alimentaire et garantisse l'accès à l'alimentation aux consommateurs.
Pour assurer sa souveraineté alimentaire, l'UE doit se doter de stock européen de sécurité alimentaire.
Par ses politiques publiques, l'Europe doit être garante d'une alimentation de qualité et de santé du consommateur. Dès le début de la mandature, une conférence européenne doit fixer les ambition d'une agriculture moderne apte à relever le défi alimentaire du XXI e siècle.
C'est tout le sens de l'engagement des communistes à vouloir changer d'Europe.

Xavier Compain

Responsable National Agriculture, Pêche, Forêt


 

Publié dans Propositions

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