« Nouveau mode de développement » Contribution Secteur « Pêche, Agriculture, Forêt » Xavier Compain - Le 28 mars 2009

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I - Exposé des motifs :

 

La faim touche 860 millions de personnes dans le monde. L'organisation des Nations Unies annonce 1,2 milliard d'affamés d'ici 2025 si perdure la situation.

Lutter contre la faim est un choix politique.

L'agriculture ne peut être laissée aux seules lois du marché.

 

Paradoxalement, 70 % de ceux qui souffrent de faim et de misère sont des paysans.

Le défi posé à l'humanité est de nourrir demain 9 milliards d'humains soit 3 milliards de plus qu'aujourd'hui. L'Asie doit multiplier par deux sa production alimentaire, l'Afrique par cinq. A l'horizon 2050, la planète doit la doubler.

 

Aujourd'hui, l'écart de productivité entre la culture manuelle la moins performante et la culture motorisée la plus performante est de 1 pour 1000 et plus.

 

L'Eau : Il y a état d'urgence dans de nombreuses régions de la planète.

Dans moins de 20 ans, la pénurie en eau peut faire perdre la totalité des récoltes en Indes, aux USA. Le seuil de «faillites » des réserves est atteintes suite aux « bulles» spéculatives sur cette ressource ces 50 dernières années.

 

L'Environnement : L'exigence de productivité accrue de l'agriculture mondiale va de pair avec l'exigence de protéger l'environnement.

 

La recherche agronomique a donc un rôle décisif à jouer. L'agriculture doit s'extirper de l'utilisation massive de pesticides. L'INRA alerte sur l'évolution des polluants organiques persistants (POP) à l'exemple du Lindane, insecticide interdit depuis juillet 1998.

 

Sur les OGM : l'étude de l'AFSSA sur la non dangerosité sanitaire d'un maïs transgénique était tout sauf une surprise. Le danger réel est celui de la domination économique des paysans par les multinationales semencière.

Potentiellement, il peut l'être sur l'environnement. La dangerosité sur la santé, vérifier au cas par cas.

 

Sur l'économie et l'emploi : En 2008, le commerce extérieur français a réussi l'exploit de connaître un déficit commercial de 55 milliards d'Euros (contre 40 milliards en 2007). Les exportations agroalimentaires augmentent de 8 %.

C'est dire l'importance du Secteur agriculture quant à la contribution à la création de richesse de notre pays.

Le développement agro-industriel, les biens d'équipement, les services qui y sont liés donne la mesure de la question du droit au soutien public que pose l'agriculture, la pêche, la production alimentaire.

 

A l'échelle des cycles de production des activités du vivant que sont l'agriculture et la pêche c'est maintenant qu'il faut agir pour relever le défi alimentaire.

 

Le développement de l'agriculture, de la pêche, de l'emploi agricole, forestier, des industries agroalimentaires, sont au cœur des enjeux même du devenir de l'humanité posé en ce début de XXI siècle.

 

L'accès des paysans à la terre, à l'eau, aux connaissances et aux technologies sont des enjeux de sociétés pour le développement des agricultures.

 

II En France : les symptômes d'une crise annoncée

 

346 500 exploitations sont, dite professionnelles (480 000 chefs d'exploitations) dont 56 081 pluri-actives. 1,2 millions d'actifs en 1988, 613 mille en 2008, 1 sur 2 a disparu en 17 ans.

 

Le renouvellement du métier est en panne avec seulement une installation pour trois départs en retraite.

La pêche française a perdu 14 % de ses bateaux en 10 ans.

 

Précarité de revenu que celui des paysans. 1 sur 4 gagne moins que le RMI, 1 sur 2 gagne moins que le SMIC. Les inégalité prévalent selon les régions avec 4500 €/revenu/an en Dordogne contre 95 000 €/revenu/an dans la Marne.

De grandes difficultés pour 7 viticulteurs sur 10 en Languedoc-Roussillon.

 

La crise sanitaire FCO (Fièvre Catarrhale Ovine) se traduit par une chute de revenu de 25 % pour les éleveurs bovin, 32 % pour les moutonniers.

 

Klauss, nous rappelle que l'agriculture, les métiers de la mer et de la forêt, pris dans la tempête des prix mondiaux ne peuvent faute de régime de protection efficace faire face aux aléas climatiques.

 

Depuis 1973, les politiques agricoles n'ont été obnubilés que par la baisse des prix agricoles, -56 % en 30 ans. Les aides compensatrices européennes représentent 60 – 75 % du revenu net entreprise.

 

III – Une agriculture de progrès :

 

La feuille de route adoptée par les communistes, lors de leur 34ème Congrès, propose un nouveau mode de développement.

 

L'agriculture de progrès à taille humaine, reposant sur l'exploitation familiale répond aux besoins des peuples, c'est en cela qu'elle est moderne. Elle s'oppose au conservatisme de l'agriculture ultra- productiviste, concentrée, polluante, dévoreuse d'énergie et de capitaux.

 

Il faut poser l'exigence d'une nouvelle ambition agricole en France, en Europe, dans le monde par la rémunération du travail paysan, la souveraineté alimentaire, de qualité en respectant les hommes et l'environnement.

 

  1. Un nouveau développement international agricole et alimentaire doit être à l'ordre du jour. Les paysanneries doivent être libérés du joug de l'Organisation Mondiale du Commerce.

  2. En Europe, la Politique Agricole Commune avec ses outils fondamentaux, préférence communautaire, clause de sauvegarde, soutiens directs doit faire le choix de la relocalisation des productions, de coopération entre grandes régions du monde.

L'Europe par la répartition de la plus value entre producteurs, industries agroalimentaires et la grande distribution garantie l'accès à l'alimentation de tous.

  1. La France doit reconquérir cette ambition majeure grâce au développement d'une agriculture qui valorise dans sa diversité tout son savoir faire paysan et réponde aux attentes de la société. Une agriculture créatrice d'emplois parce que créatrice de valeur ajoutée.

 

«  Il peut s'agir ici de redonner du sens à la pensée communiste » :

 

- D'abord nourrir les hommes

- Nourrir les besoins animaux et végétaux en conséquence

- Ne pas s'interdire des utilisations non alimentaires de l'agriculture, facteur de progrès humain.

 

IV Débat en cours :

 

OGM (éclairage)

 

125 millions d'hectares cultivés dans le monde en 2008, soit 10,7 millions d'hectares de plus par rapport à l'année précédente, selon (ISAAA) service international pour l'acquisition des biotechnologies agricoles.

 

Les transgéniques ont été cultivés dans 25 pays différents. Les USA avec 62,5 millions d'hectares reste le premier producteur devant l'Argentine (21), le Brésil (15,8), l'Inde (7,6), le Canada (7,6), la Chine (3,8), le Paraguay (2,7) et l'Afrique du Sud (1,8). Moins de 1 millions d'hectares ont été semés dans d'autres pays, parmi lesquels des pays européens (Roumanie, Portugal, République Tchèque, Allemagne) notamment.

 

Selon ce rapport, 12,3 millions d'agriculteurs essentiellement pauvres et dans les pays en développement utilises des OGM.

 

Le soja OGM représente plus de la moitié des surfaces transgéniques dans le monde, le maïs (30 %), le coton (15 %) et la canne à sucre (5 %).

 

Selon l'organisation, le maïs résistant à la sécheresse pourrait faire son apparition aux USA d'ici 2013, mais pas avant 2017 en Afrique Subsaharienne.

 

Le 2 mars dernier, à l'exception des Royaumes Unis, Finlande, Pays Bas et Suède, les Ministres européens de l'environnement ont rejeté la proposition de la Commission Européenne visant à imposer la mise en culture en Autriche et Hongrie de maïs MON 810 et T25. Confirmant ainsi leur vote 2005, 2006, 2007 sur ces clauses de sauvegarde. Paris, plaide le maintient des interdictions nationales jusqu'à ce que la réévaluation du MON 810 soit achevée.

 

Le communiqué PCF du 12 février dernier :

 

*OGM : le gouvernement doit avoir le courage de confirmer un moratoire

 

 

L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) estime que le maïs OGM Monsanto 810 ne présente pas de danger pour la santé humaine. Ce rapport tombe quelques jours avant que le Ministre de l’Environnement ne défende devant la Commission Européenne la clause de sauvegarde activée par la France.


Le PCF réaffirme l’exigence du principe de précaution, d’évaluation des risques sur la santé et l’environnement. L’utilité agronomique et l’apport économique aux exploitants familiaux doivent être démontrés.

Seul des moyens financiers alloués à la recherche publique sur les biotechnologies sont un rempart à l’appropriation du vivant.

Pour le PCF, débats scientifique et démocratique doivent prévaloir à l’utilisation des plantes génétiquement modifiées.

Le 16 février prochain, à Bruxelles, le gouvernement doit avoir le courage de confirmer un moratoire sur la culture d’OGM en France.

Parti communiste français Paris, le 21 février 2009

 

 

* Voir sur le site du PCF dans « Bureau de presse »

Publié dans Propositions

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