UE - MEDITERRANEE - LIBRE ECHANGE OU COOPERATION ALIMENTAIRE ?

Publié le par terre-mer-pcf.over-blog.com

 

Les enjeux majeurs de l’Agriculture méditerranéenne

 

I – La croissance démographique

En cinquante ans la population méditerranéenne va quasiment doubler passant de 285 millions d’habitants en 1970 à 525 millions à l’horizon 2020.

Croissance stabilisée au Nord et explosion démographique au Sud de la Méditerranée. En 2005, un tiers de cette population est rurale, dans les pays de la rive Sud, un tiers des actifs sont dans le secteur agricole. Boom démographique gonflé par la population rurale et agricole. En ce début de 21ème siècle la Méditerranée n’est pas qu’urbaine, littorale et axée sur les services.

 

II – La préoccupation alimentaire

Depuis trois décennies, ces pays (1) sont en situation de dépendance alimentaire, certains états dans des déficits structurels lourds (Algérie, Egypte).

Solde négatif de 9 milliards de dollars en 2004 par les relations agro-commerciales entre les pays méditerranéens avec l’ensemble du monde. Seule la Turquie présente une balance positive, sachant qu’elle contribue pour 48% des exportations des pays méditerranéens vers le monde !

 

 

III – Un face à face Euro-Méditerranéen en trompe l’œil

Questions agricoles occultées du débat depuis le lancement du processus de Barcelone en 1995. Négociations pour une libéralisation des échanges avec une minorité d’Etats (Jordanie, Israël notamment, Egypte, Maroc ensuite..).

L’Union Européenne commerce avec dix pays méditerranéens pour uniquement 2% de ses importations et exportations agricoles mais cela représente 52% de leurs exportations agricoles et couvre 28% de leurs importations.

 

Malgré leur préférence commerciale pour l’Europe, les pays Méditerranéens se sont en 2004 approvisionnés à 72% dans le reste du monde. Etats-Unis, Argentine, Brésil, Australie sont des acteurs importants. En attestent des exportations céréalières de ces pays vers le Sud de la Méditerranée. Le Maroc qui en 2004 a signé un accord de libre échange avec Washington.

 

IV – Pauvreté du monde rural

Le fléau persistant dans les campagnes et notamment des zones rurales du Sud est la pauvreté. Le nombre de personnes vivant avec moins d’1 dollar par jour a augmenté depuis 1990. Accès à l’eau, à la santé, à l’éducation demeure toujours plus fort qu’en milieu urbain. S’oppose au Sud de la Méditerranée une agriculture de firme d’un côté, de l’autre une agriculture familiale destructurée

 

V – Une fracture Sud-Sud accentuée

Le clivage s’aggrave entre les zones urbaines littorales et les espaces ruraux intérieurs. Comme si le credo libéral propulsait les villes côtières vers l’avenir et les campagnes au siècle dernier.

 

VI – Emergence rapide de la grande distribution.

En quinze ans la grande distribution s’affirme dans les pays du Sud de la Méditerranée, éloquente au Maghreb. Si elle ne représente que 10% du total des ventes alimentaires, cette poussée des GMS bouscule le paysage industriel, commercial, financier, alimentaire.

 

Débat remis au devant de l’actualité par le président de la République. Les ingrédients du libéralisme au cœur du bassin méditerranéen prévalent comme ailleurs : accord de libre échange, service au détriment de l’Agriculture, concentration urbaine, développement de la grande distribution, dépendance alimentaire.

 

Barcelone 1995, dix pays partenaires méditerranéens de l’UE sont : l’Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité Palestinienne. En 2008, ont rejoint l’Albanie et la Mauritanie.

 

Biocarburants : Ils seraient responsables de 75 % de la hausse des prix des aliments

 

Selon un rapport de la banque mondiale que s'est procuré le quotidien britannique « The guardian », les biocarburants contribueraient largement à la hausse des prix des aliments. De 2002 à février 2008, l'auteur, un économiste de renom, a observé une hausse de 140 % du panier de prix alimentaires. Selon ses calculs, 75 % de cette augmentation est due aux biocarburants, alors que la flambée du prix de l'énergie ou des engrais n'en expliquerait que 15%. Le rapport estime par ailleurs que l'augmentation des revenus dans les pays en développement n'est pas à l'origine d'une forte hausse de la consommation mondiale de grains et n'est donc pas responsable de la hausse. Prêt depuis avril, ce rapport serait resté confidentiel afin de ne pas handicaper le président des États-Unis, George W BUSH, qui soutient très fermement le développement de l'éthanol dans son pays.

 

La Commission européenne a-t-elle l'intention de remettre en cause les objectifs de développement des biocarburants dans l'UE ? Les échos de la réunion informelle des ministres de l'Énergie européens, organisée le 5 juillet à Saint-Cloud, le laissent à penser. « Les États membres ont réalisé que la proposition de la Commission parlait de 10% d'énergies renouvelables pour les transports, et non de 10% de biocarburant », a annoncé Jean-Louis BORLOO, le ministre français de l'Énergie et président en exercice du conseil de l'UE, au cours de la conférence de presse organisée à Saint-Cloud. « On a découvert que la proposition ne parlait pas de biocarburants, mais d'énergies renouvelables », a confirmé le secrétaire d'État allemand à l'Économie Jürgen HOMANN. « Pendant des années, la seule vérité c'était les biocarburants. On est en train de changer d'avis à toute vitesse » a déclaré Jean-Louis BORLOO. « Les constructeurs basculent sur d'autres modes d'énergie », a-t-il ajouté.

 

 

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