UNE NOUVELLE AMBITION AGRICOLE ET ALIMENTAIRE - 8 novembre 2010

Publié le par terre-mer-pcf.over-blog.com

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Xavier COMPAIN

Responsable National à l'Agriculture, Pêche, Forêt

du Parti Communiste Français

 

 

Dans quelques jours, la Commission Européenne présentera son projet de réforme de la Politique Agricole Commune pour l'après 2013. Les fuites autorisées ne laissent présager aux paysanneries européennes qu'un obsessionnel alignement sur les cours mondiaux, toujours plus bas. La réforme de la PAC 92, Mac Sharry-Delors, marquait une nouvelle ère de l'agriculture. De marathons, en sprints contre ses producteurs, la PAC à subie les assauts répétés de la nouvelle économie, inscrite dans le Traité de Constitution Européenne, et a ingurgitée contre l'avis de notre peuple une concurrence libre et non faussée. Ce démantèlement de la PAC s'inscrit dans la lignée libérale des chefs d'État et de gouvernements de la dernière décennie, BLAIR, BERLUSCONI, SARKOZY...

 

Arguant une PAC budgétivore, écolo-irresponsable, surproductrice... libéraux et verdâtres se retrouvent pour finir de l'achever. Le Commissaire Européen à l'Agriculture, Dacian CIOLOS, sous la bienveillance de José Manuel BARROSO, a ficelé une PAC 2013 un peu plus verte avec beaucoup plus de libéralisme. Place aux marchés, avec intervention publique au travers de seul filet de sécurité, rien ne devant entraver la spéculation. Dès 2014, le budget se verrait sabré de 15 %.

 

Le capitalisme jette aujourd'hui la PAC aux ornières, le greenbusiness étant porteur pour le moment et la grande demande des estomacs le marché de demain. Comme l'on dit à la campagne, il faut remettre droites les roues du tracteur. En Europe, comme en France dans les gouvernements successifs, ces vingt dernières années, la Gauche n'a pas été assez audacieuse pour rompre avec les politiques de libéralisation des prix agricoles, d'inclusions des politiques agricoles dans le GATT, puis dans l'OMC.

 

La Gauche, dont nous sommes peut être comme les paysans, l'encrage au sol, doit s'inscrire dès maintenant face aux échéances en dynamique de responsabilités. Non la Droite rurale n'a pas le monopole du cœur en matière agricole. Une agriculture de progrès, paysanne, répond aux besoins de notre pays et du peuple, c'est en cela qu'elle sera moderne face au conservatisme de l'agriculture ultra-productiviste, concentrée, polluante, dévoreuse d'énergie et de capitaux. Oui c'est à la conquête de nouvelles politiques publiques que doit s'atteler la Gauche, en France, en Europe. C'est à une nouvelle ambition agricole et alimentaire que nous devons travailler. Dans les associations, les syndicats, les Partis, des convergences existent sur la condamnation des politiques libérales et pour une grande part sur la nécessité d'une autre réforme de la PAC privilégiant l'humain. Le défi de la prochaine période est, que cette Gauche paysanne puisse se retrouver autour d'un projet partagé.

 

Pour les communistes, la souveraineté alimentaire renvoie aux droits des peuples de définir librement leurs politiques publiques agricoles et alimentaires. L'agriculture doit être organisée par grandes régions du monde. Une politique agricole alimentaire européenne doit s'inscrire dans l'objectif d'un nouvel ordre alimentaire mondial, extirpée de l'OMC, de renoncer aux kidnappings des terres, aux spéculations, aux dumpings. L'Europe agricole doit se fixer des objectifs de rémunération du travail, de développement de l'emploi, d'un mieux vivre environnemental. Préférence communautaire, clause de sauvegarde, outils de maîtrise de volumes, de régulation des marchés sont à disposition d'une Gauche qui devra répondre par l'affirmative à l'instauration de prix rémunérateurs pour les paysans, à la relocalisation des productions, aux coopérations, à la répartition de la plus value au sein des filières, à la création de produits de qualités... Alors oui, il faudra en passer par là, il s'agit de choix de classe et l'assumer comme tel. Cette ambition mérite d'être relevée.

 

Comme culture et agriculture se mêlent, Montesquieu dans Mes pensées citait « J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers ». Puisse la Gauche... être paysanne.

 

 

 

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