UNIVERSITE D'ETE DU PCF 28 - 29 – 30 AOUT 2009

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Formations du PCF

 

 

 

 

Travaux de la

Commission « Agriculture, Pêche, Forêt »

 

  • Nourrir la planète : après le G8-alimentation, photographie d'une crise.

Par Georges COURADE, Directeur de recherche honoraire à l'institut de recherche et de développement et Monique BIRON, agricultrice, syndicaliste.

 

  • Proposer un nouvel ordre alimentaire, choisir l'agriculture paysanne.

Par Eric RUIZ, chargé des questions agricoles au Conseil Général de l'Eure et Xavier COMPAIN, responsable national agriculture, pêche, forêt au PCF.

 

 

NOURRIR LA PLANÈTE:

Un nouvel ordre alimentaire

 

Le G8 Alimentation s'est tenu en Italie du 8 au 10 juillet dans un contexte historique où la faim a atteint son plus fort niveau. Plus d'un milliard d'êtres humains dans le monde souffre de la famine et de mal nutrition. En avril dernier, le G8 de Rome s'était conclu par de louables intentions, mais un terrible aveu d'échec sur l'objectif de réduire d'ici 2015 de moitié les mal-nourris dans le monde. Engagement pris lors du sommet mondial de l'alimentation en 1996. Lors de la présidence française de l'Union Européenne, N. SARKOZY avait promis une gouvernance pour lutter contre la volatilité des marchés. L'échec de cette dernière repose précisément sur la libéralisation au pas cadencé de la Politique Agricole Commune. Le G8 sera accueilli par un adepte acharné de l'application du marché libre et non faussé à l'agriculture: S. BERLUSCONI

 

A l'occasion de ce sommet la déclaration finale travaillée par les Ministres de l'agriculture, soumise aux Chefs d'États et de gouvernements, Fait la part belle à l'agro business au détriment des besoins alimentaires des peuples. Au vue du G8 des capitalistes, c'est dans les résistances sociales et actions politiques que sont les clefs pour peser et mettre les véritables enjeux sur la table des discussions internationales; le cynisme des politiques, les promesses non tenues, le manque de volonté politique, les intérêts géostratégique, l'arme alimentaire, les dominations économiques, les dettes injustifiées, la spéculation alimentaire. Cela mérite précisions:

  • La guerre la plus meurtrière dans le monde est celle de la faim. 100 000 morts par jour, ces dernières années. Un enfant de moins de 10 ans meurt toute les cinq secondes.

  • A voix basse, le G20 de Londres, a annoncé 850 millions de dollars « d'aide » aux pays en voie de développement, en confiant ce programme au FMI et à la Banque Mondiale.

  • Les politiques de développement de ces vingt dernières années montre leurs échecs. L'aide à l'agriculture, ne représente que 4 % de l'aide publique au développement, niveau le plus bas depuis des décennies. Seul 10 % des 22 milliards de dollars annoncés au sommet de Rome 2008, ont été déboursés pour relancer l'agriculture. Pire, le FMI et banque Mondiale, étranglent les pays en développement par leur plan d'ajustement structurel et leur imposent de moins soutenir leur agriculture.

  • Le poids de la dette est passé de 8 milliards de dollars en 1960, à 540 milliards en 1980, et aujourd'hui, 2600 milliards. Alors que l'Afrique a le plus fort taux d'emploi agricole, la dette représente jusqu'à la moitié du budget de certains États.

  • Justifiant telle une surproduction de lait et de beurre, Bruxelles sous l'influence des députés de droite et de sociaux libéraux a mené sa politique de frigos vides et de mises des terres en jachères alors que les enfants meurent de faim à l'autre bout de la planète. En France aujourd'hui, 2,6 millions de personnes font appel chaque année à la banque alimentaire.

  • La flambée des céréales de plus de 60 % en 2007, est due à la spéculation boursière. Avec colonialisme DAEWOO, a mis la main sur 1,3 millions d'hectares à Madagascar, pour y produire de l'huile de palme, destinée aux agro carburants. Ce capitalisme vert est responsable de 75 % de la hausse des prix des aliments. Le panier des prix a augmenté de 140 % entre 2002 et 2008.

  • Comme sortie de siècles révolus, la planète se trouve aujourd'hui confrontée aux famines. Ces dernières années, les stocks alimentaires mondiaux n'étaient que de 56 jours, les plus bas depuis 1982; c'est à dire inférieur au seuil de sécurité fixé à 60. Les mégapoles de la pauvreté gonflent de par le monde. Les zones rurales payent cash les affres du capitalisme. Sept personnes sur dix sont issues des zones rurales. Plus d'un milliard de personnes manque d'eau. Les fonds des mers sont raclés par les navires géants de la grande distribution. L'abattage illégal de 80 % du bois amazonien accélère la déforestation. Le contenu des assiettes est livré au marché.

  • De l'Uruguay Round à Doha, du GATT à l'Organisation Mondiale du Commerce, les peuples et leur paysannerie meurent aujourd'hui de la libéralisation des marchés agricoles. L'objectif de l'OMC conduite par P. LAMY, était de faire baisser le prix des matières premières agricoles. Le commerce agricole mondial ne représentent qu'une faible part de la production, 16 % pour le blé, 7 % pour le lait et viandes. Le prix mondial découlant de ces échanges n'a donc rien à voir avec le « monde réel » et ses productions. La planète ne tourne pas rond.

 

Le pourquoi de l'engagement du PCF
Le défi posé à l'humanité est de nourrir demain neuf milliards d'humains. La planète doit doubler sa production alimentaire pour satisfaire les trois milliards supplémentaires d'ici 2050. L'Afrique doit quintupler sa production alimentaire. Un pays comme la chine doit nourrir un quart de la population mondiale avec avec seulement dix pour cent de terres arables. De l'autre côte de la méditerranée, l'Algérie, l'Égypte sont dans dans des déficits alimentaires lourds. De nombreux pays tel que l'Afrique du sud doivent absolument réussir leur réforme agraire.
Pour les communistes, ce défi de la faim est pensé à l'échelle des cycles de productions, des activités du vivant. C'est maintenant qu'il faut agir pour relever le défi alimentaire.
Le PCF lors de son 34ème congrès a fait le choix d'un nouveau type de développement. Il s'agit ici de donner du sens à l'action communiste, répondre au présent, construire de l'avenir en commun: d'abord nourrir les Hommes en assurant productions animales et végétales en conséquence, tout en ne s'interdisant pas des utilisations non alimentaires de l'agriculture, facteur de progrès humain.
L'heure n'est plus à la fin annoncée de la paysannerie mais de placer en perspective le développement de l'agriculture pour nourrir la planète.

 

 

Un nouvel ordre mondial s'impose au développement de la planète.

 

L'alternative contre un G8 qui gère la faim doit être le G192 avec l'ambition d'éradiquer les politiques qui affament. De fait, l'objectif de nourrir la planète, oblige la naissance d'un nouvel ordre alimentaire. Il s'agit d'un enjeu de civilisation avec au cœur un nouveau type de développement pour à la fois nourrir les femmes et les hommes et répondre aux questions environnementales, écologiques, climatiques, énergétiques. Cette volonté forte et partagée se nourrit de principes et d'orientations communes aux peuples.

 

Le défi alimentaire du XXI siècle doit conduire les institutions internationales à faire respecter la souveraineté alimentaire qui est un droit fondamental des peuples. C'est aux États et aux peuples de définir librement leurs politiques agricoles et alimentaires avec l'exigence d'une réforme agraire axée sur la souveraineté alimentaire. Il revient aux États de définir librement leurs politiques agricoles et alimentaires. En écho aux mouvements sociaux des paysans à l'échelle internationale, cette exigence doit être centrale aux politiques publiques.

 

La réforme agraire devra répondre aux objectifs de société, être le pilier du développement agricole et alimentaire. Elle sera basée sur l'agriculture paysanne et la la pêche artisanale car productrice de denrées alimentaires de qualité. Elle doit également garantir la rémunération du travail.

 

A contrario des objectifs de l'OMC qui n'est que le tout marché, les peuples souhaitent extirper l'agriculture de tout dumpings sociaux, économiques, environnementaux afin qu'elle réponde en priorité à des demandes alimentaires locales, nationales, régionales et mondiales. Toutes les régions du monde doivent définir et organiser leur politique agricole et de la pêche en construisant leurs échanges par des coopérations..

 

La réforme agraire vise à créer les conditions de satisfaction du besoin premier de l'humanité: nourrir les hommes. Elle s'accompagne de fait de la satisfaction des autres droits fondamentaux à la santé et à l'éducation.

 

Cette nouvelle gouvernance mondiale pour l'alimentation doit s'affirmer indépendante des logiques actuelles de l'OMC, du FMI et de la Banque Mondiale. La Souveraineté des peuples et l'expression démocratique de chacun en sont les préalables. Libérée de toute tutelle impérialiste au sein des Nations Unies, la FAO, dotée de moyens, peut être l'institution arbitrale des politiques publiques agricoles et alimentaires.

 

Le PCF propose des mesures concrètes dans l'objectif d'un nouvel

ordre alimentaire mondial.

 


 

  • Instaurer une clause de sauvegarde internationale lorsque les terres d'un pays sont menacées de spéculation et de détournement de la production.
  • Interdire la spéculation sur les matières premières agricoles et alimentaires, au niveau international comme pour des produits bancaires notamment ceux proposés en France.
  • Taxer les importations abusives pillant les agricultures locales afin de financer la relocalisation des productions.

Un nouvel ordre alimentaire pour nourrir la planète, c'est l'ambition que mettent les communistes dans l'objectif d'ouvrir des perspectives sur le front alimentaire.

 

 

 

LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE

 

Extirper des règles libérales de l'OMC, l'Europe à travers la Politique Agricole Commune, doit fixer des objectifs de rémunération du travail et de développement de l'emploi.

 

L'Europe doit utiliser sa préférence communautaire et organiser ses échanges avec les pays tiers sans dumping sociaux, sanitaire, environnementaux sous la forme d'accords mutuellement avantageux, elle doit acter la relocalisation des productions, de coopérations entre grandes régions du monde.

 

La redistribution des richesses agricoles et agroalimentaires étant assurée par son budget. Il est important que l'Europe légifère sur la répartition de la plus value entre tous les acteurs de la production alimentaire et garantisse l'accès à l'alimentation aux consommateurs.

 

Pour assurer sa souveraineté alimentaire, l'UE doit se doter de stock européen de sécurité alimentaire.

 

Par ses politiques publiques, l'Europe doit être garante d'une alimentation de qualité et de santé du consommateur. Dès le début de la mandature, une conférence européenne doit fixer les ambitions d'une agriculture moderne apte à relever le défi alimentaire du XXIème siècle.

 

C'est tout le sens de l'engagement des communistes à vouloir changer d'Europe.

 

La Politique Agricole Commune doit avoir des objectifs :

 

  • De rémunération du travail paysan par l'instauration d'un prix minimum indicatif Européen.

 

  • De souveraineté alimentaire

Stocks Européen de sécurité alimentaire.

Possibilité aux Etats membres de négocier directement à l'OMC dans le cas où le droit de veto l'exige.

 

  • De qualité, respect des hommes et de l'environnement

Création d'un cahier des charges Européen, de production (sans farine animale, OGM, aliments médicamenteux et hormone de croissance).

Taxe sur le transport des produits agricoles et alimentaires, finançant un fond de relocalisations, des productions et de l'emploi (agriculture, pêche, bois).

Avec :


  • La préférence communautaire

Instauration d'une taxe variable aux importations abusives.

Mise en place de calendriers d'importation intra-communautaire.

 

  • La clause de sauvegarde

Possibilité de refuser les importations extra communautaires dont le cahier des charges, les garanties sanitaires et sociales sont inférieures à celui de l'Union Européenne.

 

  • Les soutiens directs

Plafonner les aides compensatrices européennes aux agriculteurs par actif et par exploitations.

Lancer un plan de développement, d'exploitation agricole de qualité environnementale et sociale, par des prêts à taux zéro grâce à la prise en charge de bonification par l'Europe.

 

L'Europe doit faire le choix de la relocalisation des productions, de coopération entre grandes régions du monde

 

L'Europe par la répartition de la plus value entre producteurs, industries agroalimentaires et la grande distribution doit garantir l'accès à l'alimentation aux consommateurs

 

L'Europe doit dans l'urgence relancer le programme européen d'aide alimentaire aux plus démunis.

Métier de la terre, de la mer et de la forêt

La France doit se doter d'un régime d'assurance mutuel calamités. L'Europe y contribue par des fonds publics.

 

Une conférence européenne de l'agriculture fixera dès le début de la mandature les ambitions de la Politique Agricole Commune et sa place dans le monde.

 

 

 

PROJET COMMUNISTE (Pêche-Agriculture-Forêt) - RÉGIONALES 2010.

 

DES RÉGIONS DE GAUCHE

L'AGRICULTURE PAYSANNE ET LA PÊCHE ARTISANALE

POLITIQUE AGRICOLE-ALIMENTAIRE RÉGIONALE

 

I/ QUELQUES FAITS QUI EXPLIQUENT QU'AUJOURD'HUI, LES RÉGIONS PAYENT AUX PRIX FORT LE PRIX MONDIAL :

 

-la suppression des droits de douane et des soutiens internes décidés par l'OMC

-le désengagement du financement publics de l'Etat, prêts bonifiés, calamités agricoles, aides directes conjoncturelles.

-le démantèlement de la politique agricole commune à l'horizon 2013, découplage totales , suppression des aides compensatrice, accroissements des obligations environnementales des exploitations agricoles sans accompagnement,

-la concentration de la transformation et du négoce agricole,

-des délocalisations de l'industrie agro-alimentaire

En effet, dans l'économie du tout marché pilotée par des politiques de droite, les régions françaises sans exception voient leurs productions et les acteurs de leurs territoires (paysans, pêcheurs, forestiers, salariés) livrés au seul prix mondial.

 

 

II / UNE POLITIQUE AGRICOLE ET ALIMENTAIRE DES RÉGIONS PEUT METTRE FIN À CETTE SITUATION CATASTROPHIQUE QUE CONNAISSENT NOS RÉGIONS. SON PRINCIPE GÉNÉRAL DOIT ÊTRE DE RÉUSSIR UNE AGRICULTURE:

 

- Rémunératrice, par des politiques de filière créatrice de valeur ajoutées. Et ce avec un engagement fort sur la qualité qui de fait valorisera les savoirs faire régionaux

 

-Solidaire par le développement des activités et la création d'emploi. Ceci implique un accompagnement lié à l'activité des territoires dans chaque région.

 

-Durable par des pratiques respectueuses des hommes et des territoires, par des engagements répondant aux défis environnementaux

 

III/ La politique agricole régionale

 

Cette politique doit créer les conditions qui permettent:

  • la rémunération du travail

  • la production de qualité

  • la création de filière régionale

  • l'installation de jeunes agriculteurs et pêcheurs

  • la législation foncière privilégiant l'activité agricole

  • la gestion démocratique de l'eau à usage agricole

  • la valorisation de l'activité forestière

  • la reconquête environnementale

 

 

BATAILLE DES COMMUNISTES


 

DES CAMPAGNES ET DES ACTIONS PUBLIQUES
NATIONALES ET INTERNATIONALES

 

 

Le PCF propose des mesures concrètes dans l'objectif d'un nouvel ordre alimentaire mondial.
→Instaurer une clause de sauvegarde internationale lorsque les terres d'un pays sont menacées de spéculation et de détournement de la production.

→Interdire la spéculation sur les matières premières agricoles et alimentaires, au niveau international comme pour des produits bancaires notamment ceux proposés en France.

→Taxer les importations abusives pillant les agricultures locales afin de financer la relocalisation des productions.


 

Cher(e)s Ami(e)s, Camarades,
En votre nom, je voulais remercier, celles et ceux qui ont acceptés de nous apporter leurs riches contributions, lors de nos ateliers consacrés à ces enjeux.
- Georges COURADE, bien sur.
- Eric RUIZ et Monique BIRON, nouveaux membres de la Commission Agriculture, Pêche, Forêt, qui se sont mis à la tâche.
Nous sommes à votre disposition pour vos besoins de formation et initiatives fédérales. Nous publierons nos exposés.
L'échange et l'ouverture de perspectives se poursuivra à la Fête de l'Huma, avec plus d'une dizaine de débats, de rencontres sur ces questions.
Un nouvel ordre alimentaire pour nourrir la planète, c'est l'ambition que mettent les communistes dans l'objectif d'ouvrir des perspectives sur le front alimentaire.

 

Xavier COMPAIN

Membre du Conseil National

Responsable Agriculture, Pêche, Forêt

 

 




 

Je vous propose de continuer la réflexion, par les propos



du romancier Driss CHRAÏBI :





« Le boeuf traine la charrue, le paysan suit la charrue.

 


Tu mets l'ignorance à la place du boeuf

 


et tu trouves derrière, la misère et la pauvreté »

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